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Selon les dernières études séro-épidémiologiques
européennes, la fréquence des co-infections transmises par la
morsure de tiques se situe aux environs de 10 %, comme aux États-Unis
[282,512].
Une antibiothérapie probabiliste de première intention doit,
en conséquence, préférer un traitement prenant en compte
à la fois B. burgdorferi sl et les nombreuses bactéries
intracellulaires possibles.
Dans la mesure du possible, la doxycycline doit donc être préférée
aux bêtalactamines, même dans le cadre de borréliose de
Lyme avérée.
La durée minimale du traitement ne doit pas être inférieure
à 15 jours.
Le
diagnostic et le traitement des maladies vectorielles à tiques étant
envisagé dans les pages "Pathologie",
le tableau
récapitulatif ci-contre n'en reprend que les grandes lignes.
À sa lecture, on remarquera immédiatement que toutes les bactérioses
répondent à une antibiothérapie, et que toutes
sont sensibles aux cyclines...
Le pronostic des rickettsioses au sens large (anaplasmose,
bartonelloses, coxiellose, Lar, rickettsioses stricto sensu, Tibola...),
ou celui de la tularémie sont en grande partie conditionnés
par la précocité de la prise en charge thérapeutique.
Tout retard peut être préjudiciable au patient.
Or, le délai d’obtention des sérologies spécifiques est
très long, de l’ordre de 15 à 20 jours. L'expérience
nord-américaine prouve la nécessité d’une antibiothérapie
précoce, même si elle met à mal le dogme selon lequel
aucune thérapeutique ne devrait être proposée avant l’obtention
d’un diagnostic de certitude.
Toute suspicion de rickettsiose, dans un contexte de morsure de tique ou en zone de forte endémie, devrait donc amener à évaluer l'intérêt d'initier sans délai un traitement par doxycycline, si elle est étayée par l'examen clinique et/ou la biologie.
L'inconvénient de ce traitement précoce est
l'absence de séroconversion, et donc de diagnostic de certitude. Dans
le cadre de forte suspicion de maladie vectorielle à tique, seule la
durée du traitement varie selon les auteurs et les agents infectieux,
de 3 jours à 28 jours pour les rickettsioses et les ehrlichioses, de
15 à 20 jours pour la borréliose de Lyme, la tularémie
et la fièvre Q.
Diagnostic différentiel
Chez un patient appartenant aux groupes
à risque I et III des zoonoses, un syndrome grippal estival peut
également cacher certaines zoonoses bactériennes liées
aux rongeurs.
Le risque de décapiter une de ces infections existe, cependant il ne
semble pas que le traitement par la doxycycline soit préjudiciable
au patient :
Inconvénients
L’initiation
précoce de l’antibiothérapie empêche les sérologies
de se positiver. La PCR reste alors la seule possibilité de prouver
la présence de l’agent pathogène, par exemple dans le cadre
de la reconnaissance en maladie professionnelle.
L’absence
de diagnostic de certitude fait courir le risque de décapiter une autre
infection, la durée de l’antibiothérapie doit être suffisamment
prolongée pour couvrir les différentes pathologies envisagées.
La
doxycycline présente un certain nombre de contre-indications :
allergie, myasthénie et association aux rétinoïdes. Les
femmes enceintes ou allaitantes et les enfants de moins de 8 ans demeurent
des contre-indications en raison des risques dentaires.
Parmi les précautions d’emploi deux méritent
d’être signalées, la surveillance de l’azotémie chez les
insuffisants rénaux et les personnes âgées, et le risque
de photosensibilisation qui doit faire conseiller d’éviter toute exposition
directe au soleil. Cette dernière est particulièrement importante
si l’on considère que le groupe à risque est principalement
composé d’individus ayant des activités professionnelles en
extérieur. De rares cas d'hypertension intracrânienne peuvent
être associés à la prise de cyclines, surtout la minocycline
(Prescrire - Novembre 2003).
Le spectre d’activité et le coût du traitement sont des arguments de poids allant dans le sens d’une utilisation large de la doxycycline. De plus, cette thérapeutique permet de couvrir simultanément le risque d’une co-infection bactérienne transmise par la morsure de tique, et d’une grande partie des infections bactériennes transmises par les rongeurs.
Dernière mise à jour : le 02 03 2008