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Les différentes espèces de Bartonella sont de petites
bactéries hémotropes, Gram négatif, qui infectent de
nombreuses espèces de mammifères, dont l'homme.
Si l'on comptabilise les sous-espèces, onze espèces au moins
possèdent un pouvoir pathogène reconnu pour l'homme.
Les animaux, sauvages et domestiques, constituent le principal réservoir
des 24 espèces actuellement décrites.
Les hôtes réservoirs se caractérisent par une bactériémie
au long cours avec pour conséquence des manifestations cliniques, alors
qu'on les considérait jusqu'à présent comme asymptomatiques.
Chiens et chats sont les principaux pourvoyeurs de bartonelles en France,
par transmission directe. Ils sont porteurs d'au moins 6 espèces, dont
4 sont reconnues pathogènes pour l'homme.
L'infection transmise n'étant pas toujours bénigne, surtout
pour les enfants et les personnes immunodéprimées, il est
nécessaire d'adopter un certain nombre de mesures de prévention
concernant l'exposition aux animaux, notamment ceux de compagnie.
Il n'existait jusqu'à présent
qu'un faisceau d'éléments suggérant que les tiques jouaient
un rôle dans la transmission des Bartonella.
En l'absence de modèle murin, il n'était pas possible
de vérifier cette hypothèse, soulevée essentiellement
par des cliniciens.
En utilisant une méthode de nourrissage artificiel des tiques [641],
une équipe de l'INRA est parvenue à démontrer la compétence
d' Ixodes ricinus pour transmettre B. henselae EID
de juillet 2008.
Certains auteurs observent toutefois que, pour l'instant, cette découverte
expérimentale n'autorise pas à conclure avec certitude qu'Ixodes
ricinus est un vecteur compétent dans des conditions naturelles
[837,838]. Néanmoins le diagnostic de bartonellose
doit désormais être envisagé même en l'absence de
griffure ou de morsure animale...
![]()
En
1885, Daniel Carrion, étudiant en médecine à Lima, a
montré à ses dépens le lien existant entre les verrues
péruviennes (maladie chronique peu dangereuse) et la fièvre
d'Oroya. Il s'est inoculé des fragments de verrues qui ont provoqué
une anémie hémolytique fébrile, puis sa mort dans les
semaines suivantes. La maladie aiguë provoquée par B.bacilliformis
est souvent mortelle. En 1926, Noguchi réussit la transmission expérimentale
de B. bacilliformis, de Dermacentor andersoni au singe rhésus
(Macaca mulatta). Il montra ainsi pour la première fois la capacité
d'une tique à transmettre l'agent pathogène.
En 1889, Parinaud décrivit une forme particulière de la maladies
des griffes de chat (MGC), le syndrome oculo-glandulaire. Mais il fallu attendre
un siècle exactement pour que la bactérie causale soit découverte,
presque simultanément par deux équipes de chercheurs. Elle fut
alors nommée Rochalimaea henselae.
La souche isolée par RL Regnery provenait du sang d'un malade infecté
par le HIV, qui se plaignait d'une fièvre chronique associée
à une asthénie profonde.
DF Welch isola les siennes chez des malades atteints d'angiomatose et de péliose
(hépatique et splénique). Quelques années plus tard,
en 1992, Welch mettait au point un test par immunofluorescence qui lui permettait
de détecter la présence d'anticorps anti-Bartonella chez
88 % des MGC (parmi 41 patients) alors qu'il n'en trouvait que 3 % dans
un échantillon constitué de 107 individus en bonne santé.
La même année, une souche de Rochalimaea henselae était
isolée chez un chat et deux autres dans des adénopathies de
patients porteurs d'une MGC.
Selon les espèces, les Bartonella possèdent
différents modes de transmission, direct de l'animal à l'homme,
indirect impliquant un arthropode vecteur. L'hôte réservoir est
un mammifère spécifique habituellement asymptomatique, contrairement
aux hôtes accidentels qui développent une symptomatologie plus
ou moins marquée.
L'homme est l'hôte réservoir de B. bacilliformis et
de B. quintana.
La bactérie responsable de la MGC semble la plus fréquente.
La séroprévalence danticorps anti-B.henselae
élevée semble associée au climat chaud et humide [591].
L'incidence de la maladie est mal connue, dans le Connecticut elle a été
estimée à 3,7/105 habitants en 1993, durant la même
année les Pays-Bas l'évaluaient à 12,5/105
[745].
En France, l'incidence moyenne est estimée par Orphanet à
6,6 cas par an pour 100 000 habitants [589].
Soixante pour cent des cas de maladie des griffes du chat sont signalés
entre les mois de
septembre et janvier, période durant laquelle les chats domestiques
vivent davantage à lintérieur et peuvent avoir plus de
contacts avec leurs maîtres [592].
Agents
infectieux
Les Bartonella se sont adaptées à leur hôte
réservoir d'une manière très particulière, qui
prend à défaut le
postulat de Koch. Ce sont les seules bactéries connues, capables
d'occasionner une infection chronique, intra-érythrocytaire, associée
une bactériémie permanente chez plus de 50 % des hôtes,
tout en demeurant totalement asymptomatique [380], même en
présence d'un taux élevé d'anticorps [368].
Après avoir été établie chez l'homme pour B.
bacilliformis et B. quintana chez des immunodéprimés
[461], cette capacité particulière vient d'être
démontrée, en 2007, pour Bartonella henselae and B. vinsonii
subsp. berkhoffii chez 14 personnes immuno-compétentes vivant
en contact étroit avec des animaux et des arthropodes [461].
Toutefois les réinfections ne résultent pas toujours de récurrences,
des souches différentes de B. henselae ont été
décrites dans certains cas de récidive [492].
La
bactériémie des donneurs est asymptomatique: Information
non négligeable puisque la prévalence atteint 6,8 % des
donneurs de sang en Suède. Le risque transfusionnel doit être
considéré d'autant plus sérieusement que la viabilité
de la bactérie n'est nullement altérée par le stockage
à + 4 °C pendant 35 jours [731].
... De multiples cas d'infection de patients
immunodéprimés et/ou greffés ont aussi été
publiés [552-555]. Voir la page Transplantation
et transfusion
Réservoir
L'infection
chronique des érythrocytes est une adaptation spécifique des
Bartonella aux mammifères. Une espèce donnée de
Bartonella possède généralement un seul hôte
réservoir naturel. Cette spécificité est liée
à l'étroite co-évolution entre le vecteur, la bactérie
et l'hôte. Les hôtes réservoirs de Bartonella sont
caractérisés par une bactériémie au long cours,
pouvant présenter des récurrences. Selon l'adaptation, l'infection
chronique de l'hôte est habituellement asymptomatique ou discrète,
toutefois contrairement à ce qui était supposé jusqu'à
présent, l'infection des animaux réservoirs peut aussi provoquer
des pathologies graves. Dans la plupart des cas, la prévalence de la
bactériémie chez l'espèce hôte réservoir
est très élevée ; elle va du quart au tiers de la population
de ce mammifère [746].
Les micromammifères (rongeurs et insectivores) connus pour héberger
les stases préimaginales des tiques révèlent des prévalences
allant de 30 à plus de 60 % [750,751].
Il n'est donc pas surprenant de rencontrer aussi fréquemment ces bactéries
chez les tiques, d'autant qu'elles possèdent une transmission trans-stadiale.
Pour autant cela ne préjuge en rien de la compétence ou de la
capacité vectorielle des tiques.
On
connaissait le rôle de réservoir des chauves-souris pour les
virus (rage, Nipah, Hendra, Marburg...). Une enquête menée par
le CDC estime la prévalence des Bartonella spp. à 33
% des chauves souris étudiées au Guatémala, avec 21 variants
de 13 groupes phylogénétiques... La grande mobilité de
ces animaux, leur comportement social, leur longévité importante,
en font des hôtes réservoirs à surveiller d'autant plus
attentivement que leurs ectoparasites demeurent mal connus [1025].
Vecteurs
Chaque espèce de Bartonella possède probablement aussi,
un arthropode vecteur propre. Ce vecteur principal a déjà été
identifié pour B. bacilliformis, B. elizabethae,
B. henselae, B. koehlerae, B. quintana
et B. vinsonii subsp. vinsonii. Il vient de l'être pour
"Candidatus B. melophagi" , il s'agit du "faux pou du
mouton" ou Melophagus ovinus [648].
Il est suspecté pour les autres espèces.
Une enquête cas témoin réalisée dans le Connecticut
avait montré que le risque de contracter la maladie des griffes de
chat était 29 fois plus important chez les personnes exposées
au contact d'un chaton parasité par des puces, et qu'il était
majoré par 5,5 fois chez les personnes qui s'étaient retiré
au moins une tique. Parallèlement, Lucey suggérait la responsabilité
des tiques (Lucey et. al., 1992), suivi quelque temps plus tard par
des auteurs européens et russes [708]. De récents
travaux de l'INRA viennent de confirmer la transmission vectorielle à
tiques qui était jusqu'alors pressentie [641].
L'apparente spécificité des Bartonella
spp. et des vecteurs pour un hôte vertébré particulier
paraît en contradiction avec le fait que les puces de mammifères
sont souvent simultanément porteuses de plusieurs espèces de
Bartonella.
C'est la raison pour laquelle certains auteurs suspectent les puces (possédant
elles-mêmes des préférences d'hôtes marquées)
de pouvoir s'infecter par d'autres mécanismes que la voie hématogène.
La présence d'ADN de Bartonella dans leurs tissus reproductifs
suggère aussi une possible transmission verticale qui pourrait conduire
à l'accumulation d'espèces chez les puces [897].
Répartition
des espèces
La répartition géographique des espèces est liée
à celle des hôtes réservoirs et de ses ectoparasites vecteurs
:
|
Agent
|
Répartition
|
Réservoir
|
Pathologies humaines
|
Vecteur
|
| B. alsatica [633,657] | Europe | Lapin | Lymphadénite, Endocardite | Puces et tiques Spilopsyllus cuniculi |
| B. bacilliformis | Am Sud | Inconnu | Maladie de Carion | Lutzomyia verrucatum |
| B. capreoli | Europe | Chevreuil |
?
|
Tiques ? |
| B. clarridgeiae [369, 493] |
Am Nord, |
Chat | MGC ? | Puce |
| B. elizabethae [370] | Europe | Canidés | Endocardite | Tiques ? Ixodes ricinus ? |
| B. grahamii [371] | Europe | Rongeurs | Uvéite, neurorétinite |
?
|
| B. henseleae [372] | Ubiquitaire | Chat |
MGC, Angiomatose, Endocardite, Uvéite, Neurorétinite
|
Ctenocephalides felis
Tiques Ixodes ricinus (?) |
| B. koehlerae[654,655] | États-Unis, France, Israel | Chat | Endocardite |
?
|
| "Candidatus B. melophagi" [648] |
États-Unis | Mouton | Syndrome grippal ? Péricardite ? | Melophagus ovinus |
| B. quintana | Ubiquitaire | Homme | Fièvre des tranchées, Angiomatose, Endocardite | Pediculus humanus corporis |
| B. rochalimae [747] | Pérou | Renard | Oroya-like | Insecte |
| B. schoenbuchensis | Europe | Chevreuil |
?
|
Tiques ? |
| B. tamiae [874] | Thailande | Rongeurs? | Syndrome grippal | Rongeurs, ectoparasites? |
| B. vinsonii subsp arupiensis [373] | Europe | Rongeurs | Endocardite |
Cervidés (Ixodes spp)
|
| B. vinsonii subsp berkhoffii [374,850] | Eu , Am Nord | Canidés | Endocardite, arthrite, méningite, angiomatose | Tiques ? (Rhipicephalus sanguineus ?) |
| B. washoensis [656,752] | États-Unis | Écureuil terrestre, Rongeurs | Ménigite, Endocardite, Myocardite ? |
Puce (Oropsylla montana) |
| "Candidatus B. volans" [1095] |
États-Unis | Rongeurs |
?
|
?
|
Exposition
au risque
L'importance et la diversité du réservoir animal et des arthropodes
vecteurs portent à penser que l'exposition au risque est bien supérieure
à ce qui a été supposé jusqu'à présent.
Pour s'en convaincre, il suffit d'observer la diversité des bartonelles
hébergées par les deux mammifères domestiques les plus
proches de l'homme, le chat et le chien.
Pour information, le rôle de réservoir du chien est controversé
en raison du peu d'isolats de Bartonella obtenus chez les animaux sains
(Gundi et al. 2004). Par contre celui du chat n'est pas remis en question,
au cours de son infection débutante, le nombre de B. henselae
ou de B. clarridgeiae peut dépasser 106 bactéries
par millilitre de sang.
Contact avec les animaux et transmisssion directe
Contact avec les vecteurs et transmission indirecte
L'infection peut aussi être transmise indirectement par un arthropode
vecteur [375,376]
Il semble d'ailleurs que la transmission vectorielle est le principal, voire
le seul moyen de transmission chez les réservoirs [1011].
B. henselae est capable de vivre chez la puce du chat Ctenocephalides
felis. Elle se multiplie dans sont tube digestif et survit dans les déjections
qui souillent la fourrure de son hôte.
La transmission des Bartonella aux hôtes réservoirs ruminants
semble aussi dépendre des arthropodes hématophages : mouches
piqueuses (Tabanidae, Stomoxidae, Hippoboscidae) ou tiques.

Différentes espèces de Bartonella, dont B.henseleae,
sont régulièrement retrouvées chez Ixodes ricinus
en Europe (Allemagne, Italie, Pays-Bas [91], France [377,694,695]).
La compétence vectorielle de cette tique est maintenant établie
[532].
L'exposition à sa morsure est donc un facteur
à prendre en compte.
Co-infections
Depuis plusieurs années, les vétérinaires décrivent
l'existence de co-infections associant Bartonella sp à
d'autres agents pathogènes transmis par les tiques.
Le plus souvent, il s'agit d'Ehrlichia sp ou Babesia sp.
La PCR réalisée sur 92 I. ricinus collectés en
France en 2002 a montré que 9,8 % étaient infectés par
Bartonella sp. Quatre pourcent d'entre eux étaient infectés
simultanément par Babesia sp, 1 % par Borrelia burgdorferi
sl ; une tique était même porteuse de 3 agents pathogènes
différents [704,705].
Quatre cas de co-infection humaine par Borrelia burgdorferi / B. henselae
sont relatés dans le New Jersey. La publication
précise que B. henselae a été amplifiée
dans le sang, que 2 des 4 patients se souvenaient d'une morsure de tique,
et que 3 n'avaient eu aucun contact avec des chats [706].
Généralement le tableau clinique résulte du mélange
des symptomatologies des maladies en présence, rendant le diagnostic
plus délicat [700].
Trois cas de co-infection B. henselae / Toxoplasma gondii et
5 de Maladie de Kikuchi ont été décrits [858].
Un cas familial de co-infection entre B. vinsonii
subsp. berkhoffii et B. henselae a été décrit
récemment chez un vétérinaire et sa fille [850].
![]()
Caractères
biologiques
De
bactérie tellurique Bartonella sp. s'est spécialisée
pour devenir parasite vectorisé intra-érythrocytaire de mammifères.
Cette évolution a nécessité que la bactérie acquière
d'importantes capacités d'adaptation aux hôtes vertébrés
et à leur propre évolution.
De récentes analyses phylogénétiques montrent que la
bactérie s'est adaptée en acquérant des gènes
autorisant le transfert latéral de gènes : ceux des systèmes
de sécrétion de type IV (SST4 ou T4SS pour "type IV secretion
system") qui autorisent l'échange génétique (conjugaison
et exportation ou importation d'ADN) et la libération d'effecteurs
(protéines, complexes macromoléculaires ou ADNprotéines)
dans la cellule cible eucaryote [911].
Puis le genre s'est diversifié en espèces en s'adaptant aux
différents mammifères hôtes.
Cette diversité génétique et la variabilité des
souches semblent augmenter l'aptitude des bartonelles, notamment B. henselae,
à infecter non seulement leurs hôtes spécifiques, mais
aussi un certain nombre d'hôtes accidentels.
Naguère placé dans l'ordre des Rickettsiales,
le genre a été profondément remanié en 1993. Rochalimaea
henselae, comme toutes les autres espèces du genre est transférée
dans le genre Bartonella sur 3 critères :
1) Elles infectent l'homme, alors que les Grahamella sp. n'infectent
que les animaux.
2) Elles sont retrouvées dans les érythrocytes et
à leur surface.
3) Bartonella bacilliformis (seule espèce du genre Bartonella
en 1984) possède des flagelles que les Grahamella sp. n'arborent
pas.
Rochalimaea et Grahamella sont affiliées au genre.
Le genre est classé maintenant dans la sous-division alpha des Proteobacteria,
dans l'ordre des Rhizobiales, famille des Bartonellaceae. Phylogénétiquement
il est plus proche des Brucella que du genre Rickettsia.
Pour l'heure, le genre regroupe une vingtaine d'espèces de bactéries,
isolées chez différentes espèces de mammifères,
dont l'homme. Cependant leur inventaire est encore loin d'être clos
B.clarridgeiae, par exemple, a été isolée en 1995
chez un chat dont le propriétaire présentait une septicémie
supposée à B. henselae. Toutefois, dans l'incapacité
d'isoler la bactérie chez l'homme, son implication dans la MGC n'a
pu être formellement démontrée.
De
nombreuses espèces sont déjà
reconnues pathogènes pour l'homme : une espèce sud-américaine
B. bacilliformis, et 9 autres présentes en Europe et notamment
en France : B.alsatica, B. clarridgeiae, B. elizabethae,
B. grahamii, B.henselae, B. koehlerae, B. quintana, B.vinsonii
subsp. arupensis et B. vinsonii subsp. berkhoffii.
Il existe de fortes suspicions pour Candidatus B. melophagi [648].
Trois autres "Candidatus Bartonella spp." sont suspectés
aux États-Unis ("Candidatus Bartonella durdenii",
"Candidatus Bartonella volans" et "Candidatus
Bartonella monaxi") [798].
Pour la plupart, les bartonelles ont un tropisme marqué pour les érythrocytes de leur hôte réservoir. Cet hémotropisme serait conditionné par leur besoin en fer (Minnick et Anderson, 2000). Cependant, B. bacilliformis, B. quintana, B. henselae sont aussi retrouvées dans la peau, le tissu osseux et les cellules endothéliales. Il semblerait que les cellules endothéliales sont infectées préférentiellement lorsque les bartonelles ne disposent pas des érythrocytes de leur hôte réservoir. Cette infection peut conduire à de véritables tumeurs vasculaires [703].
Culture
Les Bartonella sont des bactéries, parasites stricts des mammifères,
considérées comme des bactéries intracellulaires facultatives.
Ce sont de petits bacilles ou des cocco-bacilles Gram-négatif, aérobies,
polymorphes, non acido-alcoolo-résistants, le plus souvent immobiles,
de 1 à 1,2 µm de longueur sur 0,5 à 0,6 µm de diamètre.
Elles sont fastidieuses et de croissance lente, aussi difficiles à
cultiver qu'à isoler.
Ces bactéries peuvent cependant être cultivées sur des
milieux additionnés de 5 % sang frais (de mouton ou de lapin), en atmosphère
humide enrichie en CO2, incubés à 35 °C.
L'utilisation des cultures cellulaires est possible par les laboratoires spécialisés
(cellules endothéliales, cellules Vero...).
La
croissance des bactéries sur ces milieux de culture enrichis en sang
est particulièrement fastidieuse et coûteuse. Il semble que la
culture en milieu liquide sur cellules de Schneider de Drosophila melanogaster
pourrait remplacer très avantageusement les techniques actuellement
employées [900].
Physiopathologie
L'inocultation intraveineuse d'une culture de B. tribocorum montre
l'incapacité des bactéries à pénétrer directement
dans les érythrocytes de l'hôte réservoir. Les bactéries
semblent d'abord disparaître de la circulation sanguine, elles restent
indétectables pendant environ 4 jours.
La
niche qui leur permet de se reproduire pendant ce temps n'a pas encore pu
être identifiée expérimen-talement. Le tropisme marqué
des Bartonella pour les cellules endothéliales suggère
toutefois que ces cellules, et celles du système réticulo-endothélial,
tiennent une place importante.
Au cinquième jour, des quantité importantes de bactéries
sont libérées dans le flux sanguin, puis environ tous les 5
jours. Ce qui suggère qu'il existe une réactivation du cycle
lors de chaque libération.
Ce mode d'infection permet aux Bartonella de se maintenir dans les
érythrocytes dont la durée de vie est courte, il leur permet
aussi d'échapper à la réponse immunitaire de l'hôte
et constitue en outre une excellente adaptation à la transmission vectorielle
[649].
L'infection expérimentale
de chats non immunisés (naïfs) par B.clarridgeiae provoque
des myocardites ainsi que des infections chroniques du tissus lymphatique,
du cerveau, du foie et des reins, que les hémocultures soient positives
ou non [721].
L'infection chronique par bartonelles prédispose
l'hôte à diverses manifestations cliniques d'intensité
variable. L'hôte réservoir semble relativement peu affecté.
L'homme, hôte accidentel, paraît d'autant plus vulnérable
qu'il est immunodéprimé. Le plus fréquemment il est exposé
à la prolifération des cellules endothéliales, à
la myocardite, aux troubles neurologiques [733].
Maladie
des griffes de chat
La maladie des griffes du chat (MGC) a été décrite en
1950 par R. Debré, alors que P. Mollaret la décrivait simultanément
sous le nom de lymphoréticulose bénigne d'inoculation (LRBI).
Les anglo-saxons la nomment "cat scratch disease" (CSD). C'est
sans doute la bartonellose humaine la plus fréquente en France.
Il s'agit d'une pathologie ubiquitaire, affectant principalement les enfants
(80 % des malades ont moins de 18 ans) et les personnes immunodéprimées.
Le plus souvent, elle fait suite au contact avec un chaton errant âgé
de moins de un an.
La maladie est essentiellement liée à Bartonella henselae
identifiée en 1992 [372],
cependant B. clarridgeiae
et de B. quintana sont susceptibles de provoquer une symptomatologie
identique, avec de simples adénopathies périphériques
fébriles.
Un cas de lymphadénite à B. alsatica après chez
une femme de 79 ans est survenu à Agen en février 2008, suite
au dépeçage d'un lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus)
[633].
L'infection survient de 7 à 60 jours après l'inoculation
par le chat. Cet animal est d'ailleurs retrouvé dans 85 % des
cas de bartonellose (75 % des cas après une griffure et 10 % après
une morsure ). Dans les autres cas, l'infection peut survenir suite à
une griffure de ronces, après un contact avec un chien, ou à
une piqûre d'arthropode Ctenocephalides felis, mouche piqueuse
ou Ixodes ricinus.
Bartonelloses bénignes
Dans
un premier temps, une papule se forme au lieu d'inoculation, puis le plus
souvent, elle disparaît.
Quelques semaines après, apparaît une lymphadénopathie
dans le territoire de drainage. La notion de lésion d'inoculation est
retrouvée à l'anamnèse dans 60 % des cas.
Cette adénopathie évolue vers la guérison spontanée
après quelques semaines. Dans 1 cas sur 10, elle évolue vers
la suppuration puis la fistulisation ; là encore, la guérison
spontanée est la règle. L'antibiothérapie est inopérante.
Image http://ifr48.timone.univ-mrs.fr/Fiches/Bartonella_henselae.html
Le terme de SENLAT (pour Scalp Eschar and Neck LymphAdenopathy
after Tick bite) a été proposé pour nommer l'ensemble
des infections transmises par les tiques caractérisé par escarre,
lymphadénopathie cervicale et fièvre [830]...
Les bartonelloses seraient la troisième cause de fièvre isolée
prolongée après le virus d'Epstein-Barr et l'ostéomyélite.
Le tiers d'entre elles serait à l'origine d'une fièvre isolée
prolongée, souvent associé à des douleurs abdominales
[739]. Plus de la moitié des malades présente une
hépato-splénomégalie qui régresse dans les 6 mois.
Seulement 55 % des enfants porteurs d'une hépato-splénomégalie
sont porteurs d'une adénopathie
Lorsque la porte d'entrée du germe est ophtalmique, une conjonctivite
peut être observée, associée à une adénopathie
préauriculaire. Cette symptomatologie est connue sous le nom de syndrome
oculo-ganglionnaire de Parinaud. La contamination se produit probablement
à la faveur d'yeux frottés avec des mains contaminées.
Un cas de fièvre persistante depuis plus d'un mois associée
à des lombalgies vient d'être rattaché avec certitude
à l'infection d'un vétérinaire par B. henselae
[1010].
Les bartonnelles sont susceptibles d'infecter un nombre important
de cibles cellulaires et d'induire des formes chroniques. Le phénomène
est bien connu chez le chien. On sait aussi que B. henselae occasionne
des arthrites chroniques chez les personnes âgées et que B. vinsonii
subsp. berkhoffi a été isolée de patients souffrant
de troubles neurologiques et neurocognitifs. Contrairement à ce qui
a été supposé jusqu'à présent, même
les personnes immunocompétentes peuvent présenter des infections
persistantes occultes, ou chroniques : ces infections peuvent conduire plus
tard à des formes graves.
Bartonelloses graves
Les formes graves affectent surtout les patients immunodéprimés,
qui peuvent développer une endocardite [701], une encéphalite,
une septicémie ou angiomatose bacillaire.
MGC sévères
Bien que le plus souvent bénignes, certaines formes sévères
de MGC peuvent se compliquer par des lésions viscérales
associant
adénopathies multiples et atteinte hépatosplénique, le
plus souvent chez l'enfant.
Différentes manifestations cutanées sont possibles : éruptions,
érythème noueux, microangiopathies ou purpura. Il semblerait
d'ailleurs que les séroconversions contre B. henselae soient
beaucoup plus fréquentes chez les enfants souffrant d'un purpura rhumatoïde
de Henoch Schönlein, 61 % des cas contre 21 % dans le groupe témoin
[378].
Les complications hématologiques liées à B. henselae
sont néanmoins rares, quelques cas de purpura thrombopénique
ont été relatés chez l'enfant, des anémies hémolytiques
sont aussi décrites chez l'enfant et l'adulte.
Angiomatose et péliose hépatique
L'angiomatose
bacillaire est provoquée par B. quintana ou par B. henselae.
Elle se caractérise par une prolifération vasculaire et des
cellules endothéliales. L'angiomatose bacillaire cutanée saignant
facilement au contact en est l'expression visible, cependant l'angiomatose
peut affecter pratiquement tous les tissus profonds et les viscères.
Voir le Diagnostic
des méningo-encéphalites.
La péliose hépatique liée à
B. henselae se distingue de l'angiomatose par l'absence de prolifération
endothéliale. Elle a été décrite pour la première
fois en 1983 chez des patients sidéens, où elle survient généralement
lorsque le chiffre de CD4 est bas (surtout <100/mm3); elle affecte
également les patients transplantés. Des lésions similaires
de la rate et les ganglions lymphatiques ont fait proposer le terme de péliose
bacillaire.
Péliose et angiomatose bacillaire peuvent être associées
chez un même patient.
Formes neurologiques
Les formes neurologiques n'affecteraient que 2 % des patients infectés
par B. henselae.
Les signes cliniques apparaissent de 2 à 3 semaines après le
début de la maladie, fatigue, modifications du comportement, céphalées,
raideur de nuque, hyper- ou une hyporéflexie peuvent être observés.
Les examens complémentaires sont peu contributifs, à l'exception
de l'EEG lors de la phase aiguë chez 80 % des malades. La guérison
spontanée survient dans plus de 90 % des cas. Des complications
sont néanmoins possibles, elles se traduisent par différentes
atteintes : méningomyéloradiculopathie, troubles sphinctériens,
paralysie faciale, syndrome de Guillain-Barré, épilepsie, hémiplégie,
myélite transverse, artérite cérébrale [740,741].
L'ADN de Bartonella henselae a été détecté
dans un cerveau humain pour la première fois en 1998, chez un patient
sidéen qui présentait une altération mentale, de la fièvre
et un diabète insipide [735].
Différentes publications ont montré depuis que des encéphalomyélites
graves peuvent affecter aussi les enfants immunocompétents [736-738].
Six cas d'infection par Bartonella sp ont récemment été
publiés chez des personnes immunocompétentes. Les malades présentaient
des syndromes neurologiques ou neurocognitifs chroniques, incluant attaque,
ataxie, perte de mémoire, tremblements.
Tous avaient des contacts avec des animaux ou des tiques [707].
Formes ophtalmologiques
Les bartonelloses sont susceptibles de provoquer différentes atteintes
ophtalmologiques allant de la conjonctivite oculo glandulaire de Parinaud,
à la neuropathie optique, à la rétinite nécrosante
et aux uvéites.
La neuropathie optique, ou neurorétinite, est observée dans
1 °/°° des cas de maladie des griffes du chat. Elle se traduit
par une chute de vision souvent unilatérale (vision floue résultant
de loedème papillaire), un scotome central au champ visuel, et
des métamorphopsies. Son évolution est généralement
favorable en 6 à 12 semaines [748].
Myocardites et morts subites
Un taux anormalement élevé de morts subites chez leurs orienteurs,
a amené les suédois à montrer qu'il existait un lien
entre ces morts et l'infection par des bartonelles.
La prévalence des anticorps contre Bartonella elizabethae
atteignait 355 des 1136 (31 %)
orienteurs d'élite scandinaves (adeptes de la course d'orientation)
contre 6,8 % des donneurs de sang (N= 322). Leur taux de mort subite était
multiplié par 30 par rapport à la population témoin des
18 à 34 ans. Pour 75 % d'entre eux, le décès par myocardite
a été confirmé par anatomie pathologique. Le contact
étroit des victimes avec le milieu naturel suggérait fortement
une maladie zoonotique, potentiellement vectorielle [718,719],
hypothèse renforcée par les derniers travaux des vétérinaires
français montrant expérimentalement la compétence d'I.
ricinus.
En Suisse,
12 % des troubles du rythme ventriculaire droit sont liés aux
bartonelloses, ce qui a amené les cardiologues suisses à conseiller
de rechercher systématiquement une bartonellose lors de la survenue
de cas sporadiques non familiaux [730].
Les
bartonelloses figurent aussi au nombre des infections suspectées d'occasionner
des cardiopathies coronariennes à coronarographie négative,
au même titre que Anaplasma phagocytophila, Borrelia burgdorferi
sensu lato, Chlamydia sp, Chlamydia pneumoniae, Chlamydia
trachomatis, Coxiella bumetii, Helicobacter pylori, Leptospira, Rickettsia
conorii, Rickettsia (Weil-Felix) et Treponema pallidum.
Cette suspicion repose uniquement sur la séroprévalence observée
chez les malades [732]. Le lien entre infection et artériosclérose
n'est pas établi, certaines études contradictoires suggèrent
plutôt une réaction croisée avec les constituants de la
plaque athéromateuse [749]. D'autres facteurs doivent être
pris en compte, tels que le tabagisme, le
diabète, l'hypertension artérielle
et les dyslipidémies [734].
Un
premier cas d'infection de prothèse aortique de porc vient d'être
décrit chez un homme immunocompétent de 61 ans. Il présentait
un état de fatigue associé à des épisodes confusionnels,
de la fièvre et une diarrhée depuis des mois. La proximité
d'un chaton et la découverte d'une adénopathie axillaire ont
orienté les sérologie vers le diagnostic d'infection par B.
henselae. Le remplacement de la prothèse et une cure prolongée
de doxyxycline et de rifampicine ont permis la guérison [1094].
Globalement, les Bartonella sp. sont responsables de plus de 25 % des
endocardites humaines à hémocultures négatives en France
[493, 642].
Ostéomyélite
Cinq pour cent des fièvres prolongées d'origine inconnue masqueraient
une bartonellose chez l'enfant. Certains cas sont associés à
une ostéomyélite qui peut affecter n'importe quel os du squelette,
ils sont souvent associés à une lymphadénopathie suggérant
une diffusion sanguine ou lymphatique de la bactérie. Ce type d'ostéomyélite
affecte également les adultes, il n'est pas prouvé que l'antibiothérapie
soit efficace [720].
Pathologie pseudotumorale
De plus en plus de publications relatent des bartonelloses simulant des lymphomes
avec des adénopathies cervicales et abdominales. Lorsque s'y associent
splénomégalie, perte de poids, fièvre prolongée
et sueurs nocturnes, le tableau clinique devient très évocateur
de "lymphome non hodginien de stade IIB" [742].
Un cas de pseudo lymphoprolifération post-transplantation a été
décrit chez un enfant greffé du rein. Trois cas de rejet aigu
ont été décrits associés à une bartonellose
active, ils ont été traités efficacement par corticothérapie
intraveineuse pulsée [743].
Différents cas de tumeurs du sein ont été décrits
tant chez l'adulte que chez l'enfant. Dans la majorité des cas ils
affectent le cadran inféro-externe et sont associés à
une adénopathie axillaire. Des mastites et des granulomes sont également
observés, la sérologie peut être négative, mais
l'ADN de la bactérie est retrouvé à la PCR.
La nécrose des adénopathies (maladie de Kikuchi) ou leur localisation
peut en réalité simuler des pathologies tumorales très
variées.
Manifestations rares
De rares glomérulonéphrites sont observées, elles sont
généralement associées à une fièvre et
une lymphadénopathie ainsi qu'à une hématurie microscopique,
une discrète protéinurie, des urines foncées.
Des pneumonies et des pleurésies peuvent apparaître de 1 à
5 semaines après le début de la maladie, leur pronostic est
excellent avec une guérison complète dans les 2 mois.
Le diagnostic clinique est parfois très évocateur, en présence d'adénopathies survenues après griffade, ou d'une angiomatose chez un patient immunodéprimé.
Bien que la littérature n'en fasse pas particulièrement
état, il semblerait que certaines anomalies biologiques pourraient
être remarquées précocement lors d'un bilan initial.
Une étude italienne montre notamment qu'un syndrome mononucléosique
est fréquemment rencontré lors des bartonelloses à B.henselae.
Il est associé à une leucocytose à neutophiles (et
non pas lymphomonocytose), une vitesse de sédimentation et une CRP
élevées, ainsi qu'à une hypergammaglobulinémie.
L'intradermoréaction avec un antigène préparé à partir du pus d'un ganglion infecté d'origine humaine, a longtemps été la seule méthode utilisable de diagnostic. Cette technique a été abandonnée du fait des risques qu'elle présente.
Microspie et culture
Le diagnostic direct par isolement est difficile, les Bartonella
poussent très lentement (en 4 à 6 semaines),
dans des milieux additionnés de sang frais en atmosphère enrichie
en CO2.
La culture est fastidieuse mais possible à partir du sang, elle l'est
exceptionellement à partir de ganglions.
Lors de la biopsie d'adénopathie, il est nécessaire
de prélever la plus grosse, en respectant la capsule et en évitant
de biopsier en zone inguinale au voisinage ou en zone inflammatoire. La bactérie
peut parfois être observée grâce à la coloration
de Warthin-Starry.
Il est utile de prendre contact préalablement avec l'anatomopathologiste.
L'examen anatomo-pathologique des ponctions d'adénopathies permet d'observer
3 stades possibles :
Une biopsie cutanée au punch peut représenter une alternative séduisante, et moins douloureuse que la biopsie d'adénopathie. B. henselae est présente dans le site d'inoculation, elle peut être cultivée à partir de biopsies et isolée après 2 à 3 semaines d'incubation, mais la RT-PCR est bien plus avantageuse [919]...
La
PCR
La PCR, puis le séquençage, sont bien plus rapides
et performants, autorisant même le diagnostic d'espèce. L'examen
peut être pratiqué sur tous les tissus suspects.
Diagnostic
sérologique
La sérologie par immunofluorescence indirecte reste utile notamment
pour la maladie des griffes du chat, les endocardites. Elle demeure la méthode
de référence pour ce qui concerne les infections à
B. henselae et B. quintana. La spécificité est
supérieure à 95 % pour les titres d'IgG >1/128; des
IgM sont retrouvée que dans 40 % des cas, mais leur délai
d'apparition n'est pas bien connu.
Dans les cas limites ou négatifs, une seconde sérologie doit
être réalisée à 15 jours pour juger de la cinétique
des anticorps.
Les titres IgG constatés lors dendocardites sont généralement
égaux ou supérieurs au 1/800, ce seuil est proposé par
le CNR des Rickettsioses comme un des critères majeurs de diagnostic
dendocardite (Brouqui et al., 2006).
Si d'autres espèces de Bartonella sp sont suspectées,
un Western Blot avec différents antigènes peut être demandé
au CNR des Rickettsioses.
Des réactions croisées sont possibles entre les différentes
espèces, ainsi que les Chlamydia pneumoniae et Coxiella
burnetii.
Les sérologies de CMV, EBV, adénovirus et toxoplasmoses doivent
cependant être contrôlées [379].
Le diagnostic positif de MGC ne permet ne permet pas pour autant d'exclure
un néoplasme ou une mycobactériose qui peuvent coexister.
Ces diagnostics doivent impérativement être recherchés
[386].
Critères
diagnostiques
Selon Margileth, pour affirmer le diagnostic de bartonellose, trois critères
au moins doivent être présents sur les 4 suivants [744]
:
Il est difficile de proposer un traitement pour des bactéries
occasionnant des manifestations cliniques aussi variées, occupant à
la fois les niches extra- et intracellulaire.
De plus, l'évolution de la maladie varie en fonction de la bactérie
et du terrain immunitaire de l'hôte. Elle peut être aiguë,
récurrente ou même chronique.
À moins d'être instauré très précocement,
le traitement antibiotique des bartonelloses se montre peu efficace [722,723].
Concernant la maladie des griffes du chat, le traitement a peu d'influence sur l'évolution de l'adénopathie. Ceftriaxone et ß-lactamines, efficaces in vitro, se montrent totalement inopérantes en raison de leur absence de pénétration intra-cellulaire. Des macrolides ou une fluoroquinolone peuvent être prescrits pour une durée de 15 jours. La ponction de ganglion, ou le drainage chirurgical de l'adénopathie sont parfois nécessaires.
L'angiomatose bacillaire répond
aux traitements par macrolides, tétracyclines, fluoroquinolones ou
rifampicine. Le traitement doit être prolongé au moins 1 ou 2
mois, il doit être repris en cas de rechute. Lintérêt
dun traitement prolongé est déviter de possibles
récidives, qui peuvent survenir au bout de plusieurs mois.
En cas d'endocardite, le traitement repose sur la prescription d'une association de ceftriaxone-gentamicine pendant deux semaines suivi d'un relais par tétracycline pendant un mois.
Les mesures de prévention des bartonelloses en Europe
consistent à bien choisir ses animaux de compagnie, en évitant
si possible les fugueurs qui sont beaucoup plus fréquemment contaminés.
Il faut également éviter de se laisser griffer, mordre ou même
lécher par l'animal. En cas d'incident, nettoyer immédiatement
toute blessure au savon et à l'eau.
Les consignes de prévention contre leur infestation par des ectoparasites
doivent aussi être scrupuleusement respectées.
Enfin, comme les autres maladies potentiellement vectorisées, il est
nécessaire de se protéger contre les vecteurs, mouches piqueuses,
poux, puces et tiques.
Il n'existe pour l'heure aucune prophylaxie vaccinale.
Pour
plus d'information, on se rapportera à :
Cahier de formation Biologie Médicale n° 40 de Bioforma. Chapitre
II. Bartonella
et bartonelloses. rédigé par Arlet G [493].
Cahier de formation Biologie Médicale n° 23 de Bioforma. Chapitre
XI. Diagnostic
biologique de la bartonellose [498].
Ecological
fitness and strategies of adaptation of Bartonella species to their hosts
and vectors. Chomel BB [702].
Insights
in Bartonella host specificity. Vayssier-Taussat M. [709].
Beyond
cat scratch disease: widening spectrum of Bartonella henselae infection.
Florin TA [740].
Bartonellosis:
an emerging infectious disease of zoonotic importance to animals and human
beings. Breitschwerdt EB [891].
Tratamiento
de las infecciones por Bartonella spp. Pérez-Martínez L
[899].
Ecological
fitness and strategies of adaptation of Bartonella species to their hosts
and vectors. Chomel BB [912].
Genome
Evolution and Host Adaptation in Bartonella. Berglund EC [913].
Factors
associated with the rapid emergence of zoonotic Bartonella infections.
Boulouis HJ [938].
Dernière mise à jour : le 12 11 2011
Remerciement à M. Vayssier-Taussat