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Historique

Hyalomma marginatumLa rickettsiose associée à une lymphangite (ou LAR pour Lymphangitis-Associated Rickettsiosis) est une rickettsiose émergente décrite en 1996 [328].
Rickettsia sibirica subsp. mongolotimonae, son agent causal, a été identifié chez différentes espèces du genre Hyalomma en Chine et en Afrique.
Le premier cas a été découvert dans le sud de la France, chez une femme présentant un érythème fébrile associé à une unique escarre inguinale.



Bactériologie

Rickettsia. s. mongolotimonae est une bactérie intracellulaire stricte, classée dans le groupe SFG de la sous-division alpha des Proteobacteria.
Cette bactérie a été isolée en 1991, chez des tiques Hyalomma asiaticum en Mongolie Intérieure, avant de l'être chez quelques porteurs d'une lymphangite en France, notamment au retour d'Algérie.
Elle a également été identifiée chez Hyalomma truncatum au Niger et chez un patient en Afrique du Sud.

R. s. mongolotimonae se distingue de R. sibirica sensu stricto par ses caractères génotypiques et épidémiologiques. En effet, leurs aires de répartition diffèrent, R. sibirica est limitée à la Sibérie et l'ouest de la Chine.

Cette bactérie a pour cellule cible, la cellule endothéliale.
Elle est classée parmi les micro-organismes de niveau de sécurité biologique 3 (BSL3).


Epidémiologie

Dermacentor fixéSi l'on s'en tient à la douzaine de cas publiés en France, essentiellement dans la région de Marseille, la maladie paraît a priori peu fréquente. D'autres pays ont récemment publié quelques cas, l'Espagne, la Grèce, le Portugal et l'Afrique du Sud [510,511].
La bénignité et la rapide guérison spontanée de la maladie pourraient toutefois masquer une infection nettement plus fréquente, mais restant méconnue des patients, voire des médecins.
L'épidémiologie de la LAR n'est actuellement que très partiellement connue en France.
Il semble s'agir d'une infection printanière, alors que la FBM est une pathologie estivale et que la Tibola survient lors des mois frais, surtout en automne.
Le vecteur n'a pas encore été identifié en Europe.

Observations personnelles
La fréquence des escarres multiples de la LAR évoque un vecteur possédant une stratégie d'attaque que n'a pas Dermacentor marginatus, vecteur en Chine de R. sibirica ss.
Cette stratégie pourrait, par contre, quelquefois être observée chez Rhipicephalus sanguineus, qui de ce fait, posséderait une stratégie mixte favorisée par le réchauffement climatique [626, 627].
Certaines espèces de Hyalomma sont aussi suspectées d'étendre leur aire de répartition au sud de l'Europe, sans doute à la faveur du changement climatique. Quelques Hyalomma sp ont même été collectés plus au nord ces dernières années, jusqu'aux Pays-Bas et dans sud de l'Allemagne (voir la page Émergences).
En France, la présence de H. m. marginatum est bien établie en Corse, elle est possible dans le Sud-Ouest. Une autre tique, H. lusitanicum semble pouvoir survivre dans des zones très limitées du delta du Rhône. Les autres espèces ne sont trouvées qu'occasionnellement [447].


Manifestations cliniques

L'incubation de la maladie dure de 3 à 8 jours après la morsure de tique.
Dans la plupart des cas, la LAR se caractérise par une fièvre supérieure à 38,5°C, une éruption maculo-papuleuse généralisée, y compris Escarre d'inoculationpalmo-plantaire, respectant le visage et une escarre d'inoculation.
Une fois sur cinq, plusieurs escarres d'inoculation sont retrouvées, alors que des adénopathies sont observées dans 55% des cas et qu'une lymphangite reliant l'escarre à une adénopathie satellite l'est dans 40% des cas.
Jusqu'à présent, l'évolution a toujours été rapidement favorable. Une rétinite a récemment décrite chez une femme enceinte de 10 semaines sans toutefois laisser de séquelles pour la mère ou l'enfant [513].

Le diagnostic de la LAR est essentiellement clinique.
Il repose sur un faisceau d'arguments épidémio-cliniques : exposition aux morsures de tiques, saison de survenue, présence d'escarre(s), de lymphangite et d'adénopathie(s).


Diagnostic

Le diagnostic peut cependant être confirmé par des examens paracliniques directs ou indirects.

Une biopsie d'escarre d'inoculation, réalisée avant antibiothérapie, permet la détection moléculaire de la rickettsie, parfois même sa culture.

Le diagnostic indirect repose sur la sérologie par immunofluorescence indirecte.
Cinquante sept pour cent des patients développent des anticorps détectables au cours de la rickettsiose associée à une lymphangite.
Le sérum doit être testé systématiquement contre toutes les espèces pathogènes endémiques possibles dans la zone géographique où le patient a été infecté. Un second sérum doit être testé 2 à 3 semaines après le premier, pour juger la cinétique des anticorps. La présence d'un titre d'IgM supérieur à 1/32 et/ou une augmentation d'au moins 4 fois le taux d'anticorps entre les 2 sérums affirment une infection récente. Fiche du CNR.
Toutefois ceci ne permet pas d'affirmer la responsabilité de R. s. mongolotimonae, car il existe des réactions croisées entre les différentes espèces du genre Rickettsia.

Une infection par R. s. mongolotimonae ne peut être affirmée que si :

Un diagnostic de LAR peut aussi être considéré comme certain si :

Diagnostic différentiel
Différents autres agents pathogènes transmis par la morsure de tique peuvent en effet occasionner une tache noire ou une adénopathie.
Tous doivent entrer dans le diagnostic différentiel, en fonction des informations épidémiologiques : Rickettsia conorii, R.. sibirica, R. helvetica, Bartonella henselae, B. quintana, Francisella tularensis et Anaplasma phagocytophila.
D'autres diagnostics doivent simultanément être éliminés, notamment ceux occasionnés par les piqûres d'insectes, dont la leishmaniose cutanée (présente sur tout le pourtour méditerranéen).

 

Traitement

La LAR évolue dans tous les cas spontanément vers la guérison.
Toutefois une prise unique de 200 mg de doxycycline (chez l'adulte) peut accélérer la guérison. La persistance de la fièvre au-delà de 48 heures doit faire rechercher une autre pathologie ou une complication.

Pour plus d'information, on se rapportera à


IFR 48 Rickettsia sibirica mongolotimonae

 



Dernière mise à jour : le 21 11 2008

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