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L’efficacité des mesures de prévention a été particulièrement bien étudiée aux États-Unis dans le cadre de l’anaplasmose humaine (ex ehrlichiose granulocytaire humaine). Il a en effet été démontré qu’elles contribuaient à faire baisser sensiblement la fréquence des séroconversions des observants par rapport à la population standard [13].
La prévention des maladies liées aux tiques doit être ciblée en premier lieu sur les personnes à risque. Elle doit s’envisager à deux niveaux :
Dans les trois quarts des cas, les maladies liées
à la morsure de tiques dures touchent des hommes de plus de 50 ans
ou des garçons de moins de 10 ans ayant des activités en extérieur
(qu’elles soient professionnelles ou récréatives). Pour 66%
des cas ce sont des ruraux.
Ces maladies ont une recrudescence saisonnière parallèle à
l'activité de leur vecteur.
Les trois quarts des cas, environ, surviennent de mai à octobre. Il
existe deux pics d’incidence, le premier en été est associé
à l’activité des nymphes, alors que le second en automne est
imputable à l’activité des femelles adultes.
Les argasidés étant des tiques endophiles très sédentaires, ne sont exposées au risque de morsure que les personnes fréquentant leur biotope. Les espèces sauvages mordent les personnes séjournant dans les cavernes et les rochers, alors que les espèces synanthropes s'attaquent aux personnes vivant à leur proximité. Dans le cas d'Argas reflexus, ce sont les habitants des étages supérieurs des immeubles anciens investis par les pigeons.
Ixodes
ricinus aime se tenir en forêt humide, dans les feuilles mortes
qui jonchent le sol, on peut aussi le trouver dans l’herbe, les broussailles
ou sur les brindilles. Il est évident que les refuges naturels pour
petits mammifères que sont les tas de bois ou les vieux murs de pierres
présentent également un risque important, de même que
les agrainoirs fréquentés par les oiseaux ou les écureuils...
L’activité de cette tique est dépendante de la température
extérieure, elle se réduit considérablement au dessus
de 25°C et en dessous de 7°C, aussi le risque d’être mordu en plein
hiver en est d’autant diminué (janvier-février en Lorraine).
En France, plus de 9 tiques sur dix retirées sur l'homme, sont des
I. ricinus.
Les
Dermacentor spp. sont des tiques plus xérophiles qui peuvent
être retrouvées hors des forêts et même en zone
suburbaine. Leur activité se prolonge jusqu’à l’arrivée
des températures négatives, mais les micro-climats observés
dans les grandes agglomérations prolongent sensiblement cette période
d'activité. La menace est bien cependant moindre pour la Santé
publique que celle d’Ixodes ricinus, en partie parce que leur taille
imposante permet de les repérer rapidement. Ces tiques sont vectrices
de nombreux agents pathogènes. Elles occasionnent aussi l'apparition
de ganglions résistants à l'antibiothérapie et guérissant
le plus souvent après 4 à 5 semaines (cette TIBOLA : Tick
Borne Lymphadenopathy, est liée
à l'infection par R. slovaca et R. raoultii).
Rhipicephalus
sanguineus demeure cantoné au midi
méditerranéen. Espèce endophile, il est rarement trouvé
sur la végétation ; xérophile, il a la capacité
de coloniser les vieux murs, les jardins, les chenil et même les habitations.
Il s'adapte donc particulièrement
bien aux constructions humaines, pour peu qu'il ait été importé
jusque là par un chien. Dans des
conditions micro-climatiques favorables, il peut se maintenir dans des régions
plus septentrionales; et même constituer des populations nombreuses
s'il trouve à se gorger de sang. Cette
tique inféodée au chien, n'a que peu d'affinité pour
l'homme qu'elle ne mord qu'en l'absence de son hôte favori. Cependant
R. sanguineus est le vecteur de Rickettsia conorii et de Coxiella
burnetii, il constitue de ce fait un réel risque de santé
publique.
La
connaissance du terrain et des conditions
climatiques revêt une grande importance dans la prévention.
Il peut donc être utile de consulter la météo avant de
se mettre en route.
Les tiques ne s’attrapent qu’au contact direct. Après
avoir agrippé leur hôte avec leurs pattes antérieures,
elles grimpent le long du corps jusqu’à se fixer dans une zone protégée,
telle que le creux poplité, l’aine, le nombril, les aisselles, les
oreilles ou la nuque, là elles insèrent leurs parties buccales
dans la peau en quête de sang. La prévention individuelle doit
donc prendre en compte tous ces éléments afin d’assurer une
protection optimale.
Lutte
antivectorielle (LAV)
L'utilisation d'acaricides sur une grande échelle n'est pas une solution
envisageable, d'une part parce que les acariens développeraient rapidement
des résistances, d'autre part parce qu'elle risquerait de contaminer
l'environnement et la nourriture.
Certains prédateurs naturels des tiques pourraient par contre peut-être
être intégrés utilement à la lutte biologique contre
les tiques, notamment Ixodiphagus hookeri ou Metarhizium anisopliae,
nous les avons présentés à la page Écosystème.
Une autre voie serait de fabriquer des vaccins pour stimuler l'immunité
des hôtes contre les vecteurs tiques, nous avons abordé cette
question à la page Les tiques
Ixodidae. La voie de l'immunité artificiellement induite a déjà
été utilisée avec succès en médecine vétérinaire,
pour protéger les troupeaux bovins australiens, un vaccin contre la
protéine ribosomique PO de Rhipicephalus sanguineus, actuellement
à l'étude (2012), il serait prometteur [1132].
Prévention
individuelle dans la nature
La quête des tiques étant essentiellement passive,
la meilleure prévention reste encore d’adopter une conduite d’évitement,
surtout lors des pics d’activité des tiques. Tant que faire se peut,
il faut éviter de sortir dans une zone présentant les risques
les plus importants, quand cela n’est pas nécessaire. Cependant, à
l’exception de quelques zones, la présence d’Ixodes ricinus
est retrouvée sur la quasi-totalité de notre territoire national,
et le pays entier doit être considéré comme zone à
risque.
Difficile dans ce cas d’éviter l’exposition !

Si la sortie ne peut être différée, il convient de prendre
un certain nombre de précautions vestimentaires : se munir de vêtements
clairs et couvrants, d'indispensables chaussures fermées, et de gants
de couleur claire si l’on doit travailler manuellement.
De préférence, marcher au milieu des chemins, éviter
le contact des branches basses. Les tiques ne tombent pas des arbres, mais
en cas de cheveux longs, il est préférable de les rassembler
sous un chapeau, surtout dans les biotopes à Dermacentor spp..
Pour limiter le risque :
Un répellent peut être utilisé sur les vêtements
ou sur la peau, à concentration correcte (pour le DEET ou N,N diéthyl-m-toluamide > 30
% ) [1065].
Pour plus de détails sur les différents produits, leurs indications
et les marques, consulter le Tableau
Prévention des morsures de tiques.
En France, l’emploi de vêtements imprégnés est à
l’étude pour l’Armée et les
professionnels
de la forêt.Aux États-Unis, l'efficacité des mesures de
prévention a été évaluée à 40 %
pour ce qui est du port de vêtements adaptés, et de 20 % pour
ce qui est des répulsifs (repellents) [495]. Selon une autre
étude américaine parue en 2011, les vêtements imprégnés
de perméthrine éviteraient 93 % des morsures de tiques [975].
Depuis 2010, un fabricant français propose des chaussettes imprégnées
"à effet permanent" (Para-Tiques
® Labonal).
Les tiques qui n’auront pas pu être évitées seront facilement
repérées sur les vêtements de couleur claire, et éliminées
lors d’auto-inspections, ou d’inspections réciproques si l’on est plusieurs.
Les examens doivent être suffisamment fréquents et scrupuleux
pour permettre de retirer les tiques rapidement, avant qu’elles ne puissent
mordre.
De
retour de promenade, il est possible que des tiques demeurent sur les vêtements.
Jusqu'à la publication d'une étude nord-américaine on
supposait que le lavage en machine suffisait à les éliminer.
L'étude présentée par H. Dautel au XI International Jena
Symposium on Tick-borne Diseases montre qu' Ixodes ricinus - quelle
que soit sa stase - est capable de survivre à un lavage à 40° C,
mais pas à 60° C. Cette espèce est également capable
de survivre quelques jours, voire quelques semaines submergée [1003].
(Affiche
du XI International Jena Symposium on Tick-borne Diseases)
Prévention
individuelle dans les jardins
La
prévention individuelle passe aussi par l’entretien rigoureux des jardins,
qui doivent être impérativement débarrassés de
leurs feuilles mortes, surtout dans les haies et les bosquets. Comme nous
l’avons vu plus haut, le péril péridomestique ne doit pas être
négligé, il est favorisé par les petits mammifères
et les oiseaux qui se sont naturalisés dans les villages, et même
en ville.
Dans certains cas ponctuels, un traitement préventif par acaricide
peut être envisagé ; par exemple lorsque le jardin est suffisamment
petit, et fréquenté par un patient immunodéprimé.
Les chiens et chats doivent être traités préventivement,
voire porter un collier anti-tiques. Cette précaution est indispensable,
surtout dans les zones infestées par Rhipicephalus sanguineus,
ou lors de départ en vacances dans le sud de la France. L’efficacité
des colliers dépend toutefois de la taille de l’animal et de son comportement,
elle paraît bonne chez les individus qui dorment en rond, assurant une
bonne diffusion du produit.
Prévention
des morsures d'Argasidés
La prévention contre les morsures d'argasidés
sauvages consiste à éviter de séjourner en zone à
risque, c'est à dire dans les rocher, les cavernes, les zones de nidification
d'oiseaux ou de rongeurs.
Celle des morsures d'argasidés synanthropes consiste à éloigner,
dans la mesure du possible, les hôtes habituels des tiques et à
restaurer les habitations en restaurant les murs pour boucher toutes les fissures
où les argasidés pourraient élire domicile.
En France le risque principal est présenté par les pigeons
et les goélands.

![]()
Pour plus d'information sur la prévention, se rapporter à
RCP
sur la protection anti-vectorielle personnelle (Texte court) [915].
(Société Médecine des Voyages & Société
Française de Parasitologie. 2010)
Sites
de fixation et durée d'attachement des tiques
Comme chez l'animal, chaque espèce de tique possède des
sites préférentiels de fixation chez l'homme. L'illustration
ci-dessous résume les sites les plus communément observés.
Notez que chez l'enfant de moins de 10 ans I. ricinus se fixe préférentiellement
au niveau de la tête.
Selon D.Huegli et al. la durée moyenne de fixation d'une nymphe
est évaluée à 31,6 heures avant d'être remarquée
et retirée, celle d'une femelle adulte est à 29,8 heures [826].
La durée de fixation varie sensiblement avec l'âge, les jeunes
enfants possèdent le taux le plus faible de tiques fixées plus
de 48 heures, alors que ce sont les plus de 60 ans qui possèdent le
taux le plus élevé [825].

Conduite
à tenir en cas de morsure de tique dure
Il
a été bien établi que le taux de transfert des agents
pathogènes est d’autant plus important que le temps de fixation de
la tique est long. Pour la maladie de Lyme, il est admis que la tique infestée
contamine le plus souvent après une fixation d’au moins 17 heures (O
Kahl, 1998); le taux de transfert atteint 100 % pour une durée
de fixation de plus de 72 heures.
Le transfert des virus semble plus lent, avec une fixation nécessaire
d’au moins 48 à 72 heures. Des cas de contamination après 6
heures seulement de fixation sont relatés pour l’anaplasmose humaine
[15], bien que 24 heures soient le délai communément
admis.
Le temps de fixation de la tique peut être estimé assez précisément
en fonction de son degré de réplétion. À défaut
d'étude européenne disponible, on pourra utilement s'aider des
photographies des 2 stases d'I.scapularis à différents
stades de gorgement, fournies dans
The Clinical Assessment, Treatment, and Prevention of Lyme Disease, Human
Granulocytic Anaplasmosis, and Babesiosis: Clinical Practice Guidelines
.

En attendant l'équivalent de ce travail...
voici quelques stades de gorgement de nymphes d'I. ricinus réalisés
par l'auteur :
Une autre technique d'évaluation du temps de fixation
d'I. scapularis a été mise au point par R. Falco et
al. en 1996 ; elle mesure l'index scutal qui est le rapport longueur de
l'idiosome / largeur du scutum [825]. La valadité de la
technique a été vérifiée pour I. ricinus par
D. Huegli en Suisse [826]. Pour aussi fiable qu'elle soit,
cette technique n'est pas pour autant outil pratique sur le terrain.
Si les mesures préventives n’ont pu éviter
la morsure, c’est au retour à la maison lors de l’inspection
systématique, que la tique sera repérée. Il faudra alors
la retirer au plus vite. L’emploi d’alcool ou de produit agressif est
à déconseiller, il est admis qu'il amènerait la tique
à régurgiter et augmenterait les risques de contamination.
Toutefois une étude sur la souris a montré que l'utilisation
d'éther ne majorait pas le risque de transmission de Borrelia burgdorferi
(O. Kahl)
Classiquement, on retire la tique en la saisissant fermement avec une pince
à épiler au plus près possible de ses pièces buccales,
puis en la tirant sans tordre. À défaut de pince, il est également
possible de s’en débarrasser avec les doigts, qu’il faut impérativement
ganter, afin d’éviter le contact avec le sang de la tique qui reste
potentiellement contaminant [14].

Si la tique se casse, la persistance des pièces buccales dans la
peau risque d'entraîner une réaction locale, voire un granulome
à corps étranger. Cependant, plus aucune transmission de
pathogène n'est alors à craindre.
Un retrait total est souhaitable, il sera grandement facilité par l'emploi
de matériel adapté...
Le
retrait par traction comporte donc le risque de laisser les pièces
buccales dans la peau. De plus, plusieurs travaux ont démontré
qu'il fallait éviter de comprimer le corps de la tique, afin que sa
salive ne reflue pas vers la peau de l'hôte. L'emploi d'une pince à
épiler présente donc quelques risques, si la tique est trop
petite ou si l'opérateur n'est pas assez adroit pour la saisir par
les pièces buccales et non par le corps. Le
crochet Tire-Tic® évite ces écueils, il combine une préhension
sans compression du corps de la tique, et un retrait par rotation.
D'autres appareils, de conception différente, remplissent la même
fonction avec la même efficacité. Ils sont disponibles à
l'étranger [384].
À défaut de matériel spécialisé, un simple
fil, de coton par exemple, permet de se débarrasser de l'indésirable.
Pour y parvenir, il suffit de serrer un noeud sur la tique au plus près
de la peau, puis de la tirer dans l'axe pour ne pas la disloquer...[385].
ATTENTION !
Une
fois la tique retirée, ne la jetez pas dans les toilettes ou dans le
lavabo comme le font plus de 25 % des personnes interrogées. Elle ne
se noierait pas car elle est capable de survivre plus de 3 semaines sous l'eau...
Ne
l'écrasez pas non plus, que ce soit avec les doigts (vous risqueriez
une contamination transcutanée), ou avec le talon de la chaussure (vous
n'y parviendrez que difficilement).
Jetez la plutôt dans l'alcool ou l'eau de javel, à défaut
enfermez la dans un petit flacon étanche avant de vous en débarrasser...
Stratégie
de prévention européenne
La meilleure connaissance que nous avons des maladies liées aux morsures de tiques n’explique pas, à elle seule, l’augmentation de leur prévalence et de leur incidence en Europe. Tout indique que nous allons être confrontés de plus en plus fréquemment à ces pathologies. Pour étayer cette conviction, il n’est que de reprendre les imposants travaux effectués par les européens tant de l’est que de l’ouest. À la différence des Américains, nous ne disposons ni de moyens importants permettant une information, ni de surveillance aussi performante. Par contre, nous sommes exposés à une pathologie beaucoup plus riche dans les zones de co-endémie [200].
À
l'instar de ce qui se fait déjà aux États-Unis, les tchèques
ont lancé un programme de surveillance de l'activité des tiques
donnant des prévisions à 4 jours.
Ce programme, Tickpro, est réalisé en collaboration avec le
National Institute of Public Health (NIPH) et le Czech Hydrometeorological
Institute (CHMI) de Prague, qui publient des bulletins hebdomadaires de prévisions
sur leurs sites web.
En période de forte activité vectorielle ces informations sont
aussi relayées par la presse écrite, la radio et la télévision
[973].
La priorité est l’information du corps de santé, qui aura la charge de détecter la pathologie, de faire remonter l’information vers les autorités sanitaires, et d’enseigner les mesures de prévention aux personnes à risque.
Corps de santé
Il existe déjà des structures très
performantes et facilement accessibles sur Internet, comme l’EUCALB
qui dispense des informations de grande qualité au niveau européen,
ou l’ORMAT (Observatoire Rural des Maladies Transmissibles) notre réseau
de surveillance nationale. Toutes deux étaient consacrées exclusivement
à la borréliose de Lyme jusqu’à 1999; elles commencent
maintenant à envisager les MLMT de manière plus globale.
À la mi-septembre 2010, "lAgence Nationale de Sécurité
Sanitaire de lAlimentation, de lEnvironnement et du Travail (Anses)
et lInstitut de Veille Sanitaire (InVS) ont procédé à
un appel à candidature en vue de la création du Centre National
dExpertise des Vecteurs ![]()
Le CNEV est opérationnel
depuis le 1er août 2011, il s'agit d'une structure multidisciplinaire
permettant de mobiliser rapidement et efficacement dans une perspective daide
à la décision lensemble de lexpertise et des compétences
françaises dans les domaines de lentomologie médicale
et vétérinaire, de la lutte anti-vectorielle et des sciences
humaines et sociales appliquées à la Lutte Anti-Vectorielle,
par le Ministre chargé de lAgriculture et le Ministre chargé
de la Santé pour la période 2010-2015".
La consultation du site vétérinaire
néerlandais de l'ICTT apporte un complément d'information
tout à fait remarquable. De nombreux sites nord-américains constituent
également de véritables mines de renseignements, ils envisagent
en détail des pathologies encore mal connues en Europe, comme les ehrlichioses
et les babésioses. Ils présentent par contre l'inconvénient
de ne pas étudier les spécificités européennes
des borrélioses, des viroses ou de certaines rickettsioses qui nous
sont propres. Toutes les adresses électroniques sont accessibles à
la page "Liens".
Toutefois les Français ne sont toujours pas suffisamment
équipés, ni rompus aux nouvelles technologies pour que le support
informatique soit le seul envisagé. Il faut donc continuer à
publier des articles dans la presse écrite, voire adresser systématiquement
l’information aux professionnels des zones de forte endémie. Cette
information ne doit pas être focalisée sur les seuls médecins,
mais s'adresser à l’ensemble des professions de santé.
Les pharmaciens par exemple, sont souvent consultés à propos
du retrait d’une tique ou d’un érythème. Les vétérinaires
sont, quant à eux, journellement confrontés aux tiques et aux
pathologies qu'elles provoquent chez les animaux. Très souvent avant
les médecins, ils ont identifié les agents des zoonoses... Ils
disposent d'informations précieuses qui devraient absolument être
prises en compte par la Santé publique, et répercutées
vers les médecins concernés.
Personnes à risque
L’information
des professions à risque doit être assurée en priorité.
Dans le meilleur des cas, elle peut l’être par le médecin du
travail, dans le cadre de l’entreprise. Le Bayerisches Landesamt für
Arbeitsschutz nous donne un excellent exemple avec d'information avec une
présentation assistée par ordinateur disponible sur le Web :
voir
le site.
Beaucoup d'activités de loisirs exposent aussi leurs adaptes, chasseurs, pêcheurs, ramasseurs de champignons et de baies sauvages, sportifs de plein air (alpinistes, détecteurs de métaux, golfeurs, orienteurs, randonneurs, vététistes etc.). Le plus souvent les associations relayent efficacement les messages de prévention.
La présence des tiques sur tout le territoire français fait peser la menace sur l'ensemble de la population qui est beaucoup moins avertie. L'information repose surtout sur la participation active des médecins de campagne, sans pour autant faire l'impasse sur celle des médecins de ville. Ces praticiens se trouvent à des postes d’observation privilégiés pour détecter et informer les personnes fragilisées, ainsi que certains groupes à risque qui peuvent aussi être amenés à les consulter. Parmi les patients à risque particulier il faut entendre: les personnes âgées, les enfants, les transfusés, les immunodéprimés ainsi que : les splénectomisés, les porteurs de valvulopathies, de prothèses vasculaires, d’hématomes calcifiés, ou même certains groupes HLA particuliers. Rappelons qu’environ 8.000 Français sont splénectomisés chaque année [16].
Surveillance
en France
Différents projets nationaux d’identification des agents pathogènes transportés par les tiques ont déjà été présentés à plusieurs reprises. Les instances européennes les ont toujours repoussés jusqu’à présent, bien que ces projets émanent de l’Institut Pasteur, de l’hôpital Cochin et des Centres Nationaux de Référence. Nous ne disposons à l’heure actuelle d’aucun inventaire des pathologies transmises par les tiques en France, qu'il s’agisse de pathologies humaine ou vétérinaire. Au niveau départemental, les DDASS ne recueillent toujours pas les informations de terrain concernant les pathologies liées aux morsures de tiques.
Seules quelques structures enregistrent les borrélioses de Lyme en France, les résultats de ces enquêtes sont disponibles à la page Maladie de Lyme, à l'onglet "épidémiologie".

Cependant nous disposons d’importantes études séro-épidémiologiques réalisées par de nombreux pays européens. Toutes confirment la réalité du risque et la nécessité d’accroître la surveillance. Certaines mettent aussi en évidence l'émergence de pathologies vectorielles à tiques jusqu’à nos frontières…
Il devenait indispensable qu'un groupe de travail associant
l'ensemble des professions concernées soit constitué en France.
C'est désormais chose faite depuis septembre 2004,
avec le groupe
Tiques et Maladies à Tiques (TMT) qui fait partie du Réseau
Écologie des Interactions Durables (REID) créé par
l'INRA en 1993.
Son but est :
...d'étudier, collaborativement, lécologie, lévolution
adaptative et la génétique des tiques et des pathogènes
qu'elles véhiculent ainsi que les interactions tique-environnement
et les problèmes d'échantillonnage, évaluation des populations
et de leurs caractéristiques génétiques, d'élevage
de laboratoire et danalyse d'échantillons.
En 2008, le groupe TMT était composé de 46 membres de dix grands
établissements scientifiques (INRA, CNRS, CIRAD, IRD, MNHN, Tour du
Valat, École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort,
Université de Bourgogne, Université de Rennes, Université
de Strasbourg), de vétérinaires libéraux dont l'un représentant
la Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires
(SNGTV) ainsi que d'un médecin généraliste.
Pour l’heure, le seul vaccin dont nous disposons en France est Ticovac®. Ce vaccin contre l’encéphalite à tiques est maintenant disponible en pharmacie [17]. Il doit être conseillé aux sujets se rendant en zone forestière infestée, par exemple en Europe Centrale ou dans les Pays baltes, à l’occasion de séjours estivaux. Il est désormais recommandé dans certaines régions d’Allemagne et d'Autriche.
Concernant la borréliose de Lyme, la commercialisation
du vaccin LYMErix® a dû être arrêtée
en février 2002, en raison de l'importance des effets secondaires qu'il
provoquait. Les États-Unis espèrent un nouveau vaccin dans les
prochaines années (Glaxosmithkline Ltd), mais il ne sera pas plus adapté
que le précédent au complexe B.burgdorferi s.l. rencontré
en Europe. Cependant un vaccin multivalent serait envisagé chez Baxter
(B. burgdorferi sl, B. garinii et B. afzelii).
Aux États-Unis, les laboratoires EpiVax ont annoncé en février
2007 qu'ils allaient développer un candidat vaccin contre la tularémie
(TuliVax).
Des vaccins contre la fièvre Q sont en expérimentation en Australie
(Q-vax ®) et aux États-Unis [118,121].
Compte-tenu
des conditions draconiennes de surveillance imposées depuis l’émergence
du HIV, il semble que le risque de transmission sanguine de la borréliose
soit tout à fait théorique. Celui occasionné par de nombreux
autres pathogènes transmis par les tiques paraît bien plus préoccupant
: Anaplasma, Babesia spp., Bartonella spp., Coxiella
burnetii, Rickettsia spp. ou les virus Eyach, TBEV et peut-être
bientôt CCHFV.
Des précautions particulières sont absolument impératives
chez les donneurs à risque, ou ayant des antécédents
de maladies liées aux tiques.
En France, à l'exception de la fièvre Q, ces maladies à
tiques ne font l'objet d'aucune précaution et ne sont même pas
recherchées lors de l'Entretien
médical précédant le don.
Pourtant tout comme dans les pays d’Amérique du Nord, un suivi des
donneurs doit être assuré dans les jours immédiats suivant
le don. Tout incident transfusionnel doit donner lieu à une de déclaration
sur le formulaire
ad hoc.
Pour plus de détails voir la page Transplantation,
transfusion et maladies à tiques.

Pour plus d'information sur la prévention, se rapporter au
Tick Management Handbook [487]
Mieux
connaître la borréliose de Lyme pour mieux la prévenir [684]
(Haut Conseil de la santé publique Commission spécialisée
Maladies transmissibles)
Dernière mise à jour : le 07 01 2012