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L’efficacité des mesures de prévention a été particulièrement bien étudiée aux États-Unis dans le cadre de l’anaplasmose humaine (ex ehrlichiose granulocytaire humaine). Il a en effet été démontré qu’elles contribuaient à faire baisser sensiblement la fréquence des séroconversions des observants par rapport à la population standard [13].

La prévention des maladies liées aux tiques doit être ciblée en premier lieu sur les personnes à risque. Elle doit s’envisager à deux niveaux :



Dans les trois quarts des cas, les maladies liées à la morsure de tiques dures touchent des hommes de plus de 50 ans ou des garçons de moins de 10 ans ayant des activités en extérieur (qu’elles soient professionnelles ou récréatives). Pour 66% des cas ce sont des ruraux.
Ces maladies ont une recrudescence saisonnière parallèle à l'activité de leur vecteur.
Les trois quarts des cas, environ, surviennent de mai à octobre. Il existe deux pics d’incidence, le premier en été est associé à l’activité des nymphes, alors que le second en automne est imputable à l’activité des femelles adultes.

Les argasidés étant des tiques endophiles très sédentaires, ne sont exposées au risque de morsure que les personnes fréquentant leur biotope. Les espèces sauvages mordent les personnes séjournant dans les cavernes et les rochers, alors que les espèces synanthropes s'attaquent aux personnes vivant à leur proximité. Dans le cas d'Argas reflexus, ce sont les habitants des étages supérieurs des immeubles anciens investis par les pigeons.

 

 

Éthologie des tiques

Biotope d'Ixodes ricinusIxodes ricinus aime se tenir en forêt humide, dans les feuilles mortes qui jonchent le sol, on peut aussi le trouver dans l’herbe, les broussailles ou sur les brindilles. Il est évident que les refuges naturels pour petits mammifères que sont les tas de bois ou les vieux murs de pierres présentent également un risque important, de même que les agrainoirs fréquentés par les oiseaux ou les écureuils... L’activité de cette tique est dépendante de la température extérieure, elle se réduit considérablement au dessus de 25°C et en dessous de 7°C, aussi le risque d’être mordu en plein hiver en est d’autant diminué (janvier-février en Lorraine). En France, plus de 9 tiques sur dix retirées sur l'homme, sont des I. ricinus.

Biotope de Dermacentor marginatusLes Dermacentor spp. sont des tiques plus xérophiles qui peuvent être retrouvées hors des forêts et même en zone suburbaine. Leur activité se prolonge jusqu’à l’arrivée des températures négatives, mais les micro-climats observés dans les grandes agglomérations prolongent sensiblement cette période d'activité. La menace est bien cependant moindre pour la Santé publique que celle d’Ixodes ricinus, en partie parce que leur taille imposante permet de les repérer rapidement. Ces tiques sont vectrices de nombreux agents pathogènes. Elles occasionnent aussi l'apparition de ganglions résistants à l'antibiothérapie et guérissant le plus souvent après 4 à 5 semaines (cette TIBOLA : Tick Borne Lymphadenopathy, est liée à l'infection par R. slovaca et R. raoultii).

Rhipicephalus sanguineus qui était cantoné au midi méditerranéen remonte progressivement vers le nord. Espèce endophile, il est rarement trouvé sur la végétation; xérophile, il a la capacité de coloniser les vieux murs, les jardins, les chenil et même les habitations. Il s'adapte donc particulièrement bien aux constructions humaines, pour peu qu'il ait été importé jusque là par un chien. Dans des conditions micro-climatiques favorables, il peut se maintenir dans des régions plus septentrionales; et même constituer des populations nombreuses s'il trouve à se gorger de sang. Cette tique inféodée au chien, n'a que peu d'affinité pour l'homme qu'elle ne mord qu'en l'absence de son hôte favori. Cependant R. sanguineus est le vecteur de Rickettsia conorii et de Coxiella burnetii, il constitue de ce fait un réel risque de Santé publique.

La connaissance du terrain et des conditions climatiques revêt une grande importance dans la prévention. Il peut donc être utile de consulter la météo avant de se mettre en route.

Les tiques ne s’attrapent qu’au contact direct. Après avoir agrippé leur hôte avec leurs pattes antérieures, elles grimpent le long du corps jusqu’à se fixer dans une zone protégée, telle que le creux poplité, l’aine, le nombril, les aisselles, les oreilles ou la nuque, là elles insèrent leurs parties buccales dans la peau en quête de sang. La prévention individuelle doit donc prendre en compte tous ces éléments afin d’assurer une protection optimale.


Lutte antivectorielle (LAV)

L'utilisation d'acaricides sur une grande échelle n'est pas une solution envisageable, d'une part parce que les acariens développeraient rapidement des résistances, d'autre part parce qu'elle risquerait de contaminer l'environnement et la nourriture.
Certains prédateurs naturels des tiques pourraient par contre peut-être être intégrés utilement à la lutte biologique contre les tiques, notamment Ixodiphagus hookeri ou Metarhizium anisopliae, nous les avons présentés à la page Écosystème.
Une autre voie serait de fabriquer des vaccins pour stimuler l'immunité des hôtes contre les vecteurs tiques, nous avons abordé cette question à la page Les tiques Ixodidae. La voie de l'immunité artificiellement induite a déjà été utilisée avec succès en médecine vétérinaire, pour protéger les troupeaux bovins australiens, un vaccin contre la protéine ribosomique PO de Rhipicephalus sanguineus, actuellement à l'étude (2012), il serait prometteur [1132].


Prévention individuelle dans la nature

La quête des tiques étant essentiellement passive, la meilleure prévention reste encore d’adopter une conduite d’évitement, surtout lors des pics d’activité des tiques. Tant que faire se peut, il faut éviter de sortir dans une zone présentant les risques les plus importants, quand cela n’est pas nécessaire. Cependant, à l’exception de quelques zones, la présence d’Ixodes ricinus est retrouvée sur la quasi-totalité de notre territoire national, et le pays entier doit être considéré comme zone à risque.
Difficile dans ce cas d’éviter l’exposition !

Dermacentor marginatus mâle en quête
Si la sortie ne peut être différée, il convient de prendre un certain nombre de précautions vestimentaires : se munir de vêtements clairs et couvrants, d'indispensables chaussures fermées, et de gants de couleur claire si l’on doit travailler manuellement.
De préférence, marcher au milieu des chemins, éviter le contact des branches basses. Les tiques ne tombent pas des arbres, mais en cas de cheveux longs, il est préférable de les rassembler sous un chapeau, surtout dans les biotopes à Dermacentor spp..



Pour limiter le risque :
Un répellent peut être utilisé sur les vêtements ou sur la peau, à concentration correcte (pour le DEET ou N,N diéthyl-m-toluamide > 30 % ) [1065].
Pour plus de détails sur les différents produits, leurs indications et les marques, consulter le Tableau Prévention des morsures de tiques.
L'ivermectine a été testée chez l'animal puis chez l'homme, sont intérêt dans la prévention paraît assez limité, notamment pour Ixodes ricinus qui n'est pas affecté lorsqu'il parasite des vaches préalablement traitées [1356,1357].
En France, l’emploi de vêtements imprégnés est à l’étude pour l’Armée et les professionnels de la forêt.Aux États-Unis, l'efficacité des mesures de prévention a été évaluée à 40 % pour ce qui est du port de vêtements adaptés, et de 20 % pour ce qui est des répulsifs (repellents) [495]. Selon une autre étude américaine parue en 2011, les vêtements imprégnés de perméthrine éviteraient 93 % des morsures de tiques [975].
Depuis 2010, un fabricant français propose des chaussettes imprégnées "à effet permanent" (Para-Tiques ® Labonal).

Les tiques qui n’auront pas pu être évitées seront facilement repérées sur les vêtements de couleur claire, et éliminées lors d’auto-inspections, ou d’inspections réciproques si l’on est plusieurs. Les examens doivent être suffisamment fréquents et scrupuleux pour permettre de retirer les tiques rapidement, avant qu’elles ne puissent mordre.

ijstd-xi_posterDe retour de promenade, il est possible que des tiques demeurent sur les vêtements. Jusqu'à la publication d'une étude nord-américaine on supposait que le lavage en machine suffisait à les éliminer.
L'étude présentée par H. Dautel au XI International Jena Symposium on Tick-borne Diseases montre qu' Ixodes ricinus - quelle que soit sa stase - est capable de survivre à un lavage à 40° C, mais pas à 60° C. Cette espèce est également capable de survivre quelques jours, voire quelques semaines submergée [1003].
(Affiche du XI International Jena Symposium on Tick-borne Diseases)

 

Prévention individuelle dans les jardins

La prévention individuelle passe aussi par l’entretien rigoureux des jardins, qui doivent être impérativement débarrassés de leurs feuilles mortes, surtout dans les haies et les bosquets. Comme nous l’avons vu plus haut, le péril péridomestique ne doit pas être négligé, il est favorisé par les petits mammifères et les oiseaux qui se sont naturalisés dans les villages, et même en ville.

Dans certains cas ponctuels, un traitement préventif par acaricide peut être envisagé ; par exemple lorsque le jardin est suffisamment petit, et fréquenté par un patient immunodéprimé.
Les chiens et chats doivent être traités préventivement, voire porter un collier anti-tiques. Cette précaution est indispensable, surtout dans les zones infestées par Rhipicephalus sanguineus, ou lors de départ en vacances dans le sud de la France. L’efficacité des colliers dépend toutefois de la taille de l’animal et de son comportement, elle paraît bonne chez les individus qui dorment en rond, assurant une bonne diffusion du produit.

 

Prévention des morsures d'Argasidés

La prévention contre les morsures d'argasidés sauvages consiste à éviter de séjourner en zone à risque, c'est à dire dans les rocher, les cavernes, les zones de nidification d'oiseaux ou de rongeurs.
Celle des morsures d'argasidés synanthropes consiste à éloigner, dans la mesure du possible, les hôtes habituels des tiques et à restaurer les habitations en restaurant les murs pour boucher toutes les fissures où les argasidés pourraient élire domicile.
En France le risque principal est présenté par les pigeons et les goélands.

 


Pour plus d'information sur la prévention, se rapporter à
RCP sur la protection anti-vectorielle personnelle (Texte court) [915]. (Société Médecine des Voyages & Société Française de Parasitologie. 2010)




Sites de fixation et durée d'attachement des tiques

Comme chez l'animal, chaque espèce de tique possède des sites préférentiels de fixation chez l'homme. L'illustration ci-dessous résume les sites les plus communément observés. Notez que chez l'enfant de moins de 10 ans I. ricinus se fixe préférentiellement au niveau de la tête.
Selon D.Huegli et al. la durée moyenne de fixation d'une nymphe est évaluée à 31,6 heures avant d'être remarquée et retirée, celle d'une femelle adulte est à 29,8 heures [826]. La durée de fixation varie sensiblement avec l'âge, les jeunes enfants possèdent le taux le plus faible de tiques fixées plus de 48 heures, alors que ce sont les plus de 60 ans qui possèdent le taux le plus élevé [825].

Sites de fixation des tiques

Conduite à tenir en cas de morsure de tique dure

Ixodes ricinus femelle fixéeIl a été bien établi que le taux de transfert des agents pathogènes est d’autant plus important que le temps de fixation de la tique est long. Pour la maladie de Lyme, il est admis que la tique infestée contamine le plus souvent après une fixation d’au moins 17 heures (O Kahl, 1998); le taux de transfert atteint 100 % pour une durée de fixation de plus de 72 heures.
Le transfert des virus semble plus lent, avec une fixation nécessaire d’au moins 48 à 72 heures. Des cas de contamination après 6 heures seulement de fixation sont relatés pour l’anaplasmose humaine [15], bien que 24 heures soient le délai communément admis.

Le temps de fixation de la tique peut être estimé assez précisément en fonction de son degré de réplétion. À défaut d'étude européenne disponible, on pourra utilement s'aider des photographies des 2 stases d'I.scapularis à différents stades de gorgement, fournies dans
The Clinical Assessment, Treatment, and Prevention of Lyme Disease, Human Granulocytic Anaplasmosis, and Babesiosis: Clinical Practice Guidelines
.

Gorgement I. ricinus

En attendant l'équivalent de ce travail...
voici quelques stades de gorgement de nymphes d'I. ricinus réalisés par l'auteur :



Une autre technique d'évaluation du temps de fixation d'I. scapularis a été mise au point par R. Falco et al. en 1996 ; elle mesure l'index scutal qui est le rapport longueur de l'idiosome / largeur du scutum [825]. La valadité de la technique a été vérifiée pour I. ricinus par D. Huegli en Suisse [826]. Pour aussi fiable qu'elle soit, cette technique n'est pas pour autant outil pratique sur le terrain.

Si les mesures préventives n’ont pu éviter la morsure, c’est au retour à la maison lors de l’inspection systématique, que la tique sera repérée. Il faudra alors la retirer au plus vite. L’emploi d’alcool ou de produit agressif est à déconseiller, il est admis qu'il amènerait la tique à régurgiter et augmenterait les risques de contamination.
Toutefois une étude sur la souris a montré que l'utilisation d'éther ne majorait pas le risque de transmission de Borrelia burgdorferi (O. Kahl)
Classiquement, on retire la tique en la saisissant fermement avec une pince à épiler au plus près possible de ses pièces buccales, puis en la tirant sans tordre. À défaut de pince, il est également possible de s’en débarrasser avec les doigts, qu’il faut impérativement ganter, afin d’éviter le contact avec le sang de la tique qui reste potentiellement contaminant [14].

Réaction autour du rostre cassé
Si la tique se casse, la persistance des pièces buccales dans la peau risque d'entraîner une réaction locale, voire un granulome à corps étranger. Cependant, plus aucune transmission de pathogène n'est alors à craindre.
Un retrait total est souhaitable, il sera grandement facilité par l'emploi de matériel adapté...

 


Techniques de retrait

Retrait de tique fixéeLe retrait par traction comporte donc le risque de laisser les pièces buccales dans la peau. De plus, plusieurs travaux ont démontré qu'il fallait éviter de comprimer le corps de la tique, afin que sa salive ne reflue pas vers la peau de l'hôte. L'emploi d'une pince à épiler présente donc quelques risques, si la tique est trop petite ou si l'opérateur n'est pas assez adroit pour la saisir par les pièces buccales et non par le corps. Le crochet Tire-Tic® évite ces écueils, il combine une préhension sans compression du corps de la tique, et un retrait par rotation.

D'autres appareils, de conception différente, remplissent la même fonction avec la même efficacité. Ils sont disponibles à l'étranger [384].
À défaut de matériel spécialisé, un simple fil, de coton par exemple, permet de se débarrasser de l'indésirable. Pour y parvenir, il suffit de serrer un noeud sur la tique au plus près de la peau, puis de la tirer dans l'axe pour ne pas la disloquer...[385].

ATTENTION !

Les tiques sont extrêmement résistantes. Une fois la tique retirée, ne la jetez pas dans les toilettes ou dans le lavabo comme le font plus de 25 % des personnes interrogées. Elle ne se noierait pas car de nombreuses espèces sont capables de survivre de 3 jours à plus de 3 semaines sous l'eau [1335]. Amblyomma rotundatum est même retrouvée parasitant des grenouilles [1337]. Dermacentor marginatus tient plus de 7mn dans l'alcool à 90° et résiste à la radioactivité de Tchernobyl [1201]. Haemaphysalis flava survit au vide à 10 Pa, (soit les 10-4 bar du microscope à balayage électronique [1177])...

Ne l'écrasez pas non plus, que ce soit avec les doigts (vous risqueriez une contamination transcutanée), ou avec le talon de la chaussure (vous n'y parviendrez que difficilement).

Jetez la plutôt dans l'alcool ou l'eau de javel, à défaut enfermez la dans un petit flacon étanche avant de vous en débarrasser...

 

Stratégie de prévention européenne

La meilleure connaissance que nous avons des maladies liées aux morsures de tiques n’explique pas, à elle seule, l’augmentation de leur prévalence et de leur incidence en Europe. Tout indique que nous allons être confrontés de plus en plus fréquemment à ces pathologies. Pour étayer cette conviction, il n’est que de reprendre les imposants travaux effectués par les européens tant de l’est que de l’ouest. À la différence des Américains, nous ne disposons ni de moyens importants permettant une information, ni de surveillance aussi performante. Par contre, nous sommes exposés à une pathologie beaucoup plus riche dans les zones de co-endémie [200].

Tickpro - CHMIÀ l'instar de ce qui se fait déjà aux États-Unis, les tchèques ont lancé un programme de surveillance de l'activité des tiques donnant des prévisions à 4 jours.
Ce programme, Tickpro, est réalisé en collaboration avec le National Institute of Public Health (NIPH) et le Czech Hydrometeorological Institute (CHMI) de Prague, qui publient des bulletins hebdomadaires de prévisions sur leurs sites web.
En période de forte activité vectorielle ces informations sont aussi relayées par la presse écrite, la radio et la télévision [973].



À défaut d'initiative de Santé publique de ce type en France,
il est toujours posible de se référer à un excellent site vétérinaire qui donne la "Météo : quel est le risque parasitaire dans votre région ?" FleaTickRisk.com

 

 

Information

La priorité est l’information du corps de santé, qui aura la charge de détecter la pathologie, de faire remonter l’information vers les autorités sanitaires, et d’enseigner les mesures de prévention aux personnes à risque.

Corps de santé

Il existe déjà des structures très performantes et facilement accessibles sur Internet, comme l’EUCALB qui dispense des informations de grande qualité au niveau européen, ou l’ORMAT (Observatoire Rural des Maladies Transmissibles) notre réseau de surveillance nationale. Toutes deux étaient consacrées exclusivement à la borréliose de Lyme jusqu’à 1999; elles commencent maintenant à envisager les MLMT de manière plus globale.

À la mi-septembre 2010, "l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (Anses) et l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) ont procédé à un appel à candidature en vue de la création du Centre National d’Expertise des Vecteurs
Le CNEV est opérationnel depuis le 1er août 2011, il s'agit d'une structure multidisciplinaire permettant de mobiliser rapidement et efficacement dans une perspective d’aide à la décision l’ensemble de l’expertise et des compétences françaises dans les domaines de l’entomologie médicale et vétérinaire, de la lutte anti-vectorielle et des sciences humaines et sociales appliquées à la Lutte Anti-Vectorielle, par le Ministre chargé de l’Agriculture et le Ministre chargé de la Santé pour la période 2010-2015".


La consultation du site vétérinaire néerlandais de l'ICTT apporte un complément d'information tout à fait remarquable. De nombreux sites nord-américains constituent également de véritables mines de renseignements, ils envisagent en détail des pathologies encore mal connues en Europe, comme les ehrlichioses et les babésioses. Ils présentent par contre l'inconvénient de ne pas étudier les spécificités européennes des borrélioses, des viroses ou de certaines rickettsioses qui nous sont propres. Toutes les adresses électroniques sont accessibles à la page "Liens".

Toutefois les Français ne sont toujours pas suffisamment équipés, ni rompus aux nouvelles technologies pour que le support informatique soit le seul envisagé. Il faut donc continuer à publier des articles dans la presse écrite, voire adresser systématiquement l’information aux professionnels des zones de forte endémie. Cette information ne doit pas être focalisée sur les seuls médecins, mais s'adresser à l’ensemble des professions de santé.
Les pharmaciens par exemple, sont souvent consultés à propos du retrait d’une tique ou d’un érythème. Les vétérinaires sont, quant à eux, journellement confrontés aux tiques et aux pathologies qu'elles provoquent chez les animaux. Très souvent avant les médecins, ils ont identifié les agents des zoonoses... Ils disposent d'informations précieuses qui devraient absolument être prises en compte par la Santé publique, et répercutées vers les médecins concernés.

Personnes à risque

Ouvrier forestierL’information des professions à risque doit être assurée en priorité. Dans le meilleur des cas, elle peut l’être par le médecin du travail, dans le cadre de l’entreprise. Le Bayerisches Landesamt für Arbeitsschutz nous donne un excellent exemple avec d'information avec une présentation assistée par ordinateur disponible sur le Web : voir le site.

Beaucoup d'activités de loisirs exposent aussi leurs adaptes, chasseurs, pêcheurs, ramasseurs de champignons et de baies sauvages, sportifs de plein air (alpinistes, détecteurs de métaux, golfeurs, orienteurs, randonneurs, vététistes etc.). Le plus souvent les associations relayent efficacement les messages de prévention.

La présence des tiques sur tout le territoire français fait peser la menace sur l'ensemble de la population qui est beaucoup moins avertie. L'information repose surtout sur la participation active des médecins de campagne, sans pour autant faire l'impasse sur celle des médecins de ville. Ces praticiens se trouvent à des postes d’observation privilégiés pour détecter et informer les personnes fragilisées, ainsi que certains groupes à risque qui peuvent aussi être amenés à les consulter. Parmi les patients à risque particulier il faut entendre: les personnes âgées, les enfants, les transfusés, les immunodéprimés ainsi que : les splénectomisés, les porteurs de valvulopathies, de prothèses vasculaires, d’hématomes calcifiés, ou même certains groupes HLA particuliers. Rappelons qu’environ 8.000 Français sont splénectomisés chaque année [16].

 

Surveillance en France

Différents projets nationaux d’identification des agents pathogènes transportés par les tiques ont déjà été présentés à plusieurs reprises. Les instances européennes les ont toujours repoussés jusqu’à présent, bien que ces projets émanent de l’Institut Pasteur, de l’hôpital Cochin et des Centres Nationaux de Référence. Nous ne disposons à l’heure actuelle d’aucun inventaire des pathologies transmises par les tiques en France, qu'il s’agisse de pathologies humaine ou vétérinaire. Au niveau départemental, les DDASS ne recueillent toujours pas les informations de terrain concernant les pathologies liées aux morsures de tiques.

Seules quelques structures enregistrent les borrélioses de Lyme en France, les résultats de ces enquêtes sont disponibles à la page Maladie de Lyme, à l'onglet "épidémiologie".

Carte incidence Lyme

 

Cependant nous disposons d’importantes études séro-épidémiologiques réalisées par de nombreux pays européens. Toutes confirment la réalité du risque et la nécessité d’accroître la surveillance. Certaines mettent aussi en évidence l'émergence de pathologies vectorielles à tiques jusqu’à nos frontières…

Il devenait indispensable qu'un groupe de travail associant l'ensemble des professions concernées soit constitué en France.
C'est désormais chose faite depuis septembre 2004,
avec le groupe Tiques et Maladies à Tiques (TMT) qui fait partie du Réseau Écologie des Interactions Durables (REID) créé par l'INRA en 1993.
Son but est :
“...d'étudier, collaborativement, l’écologie, l’évolution adaptative et la génétique des tiques et des pathogènes qu'elles véhiculent ainsi que les interactions tique-environnement et les problèmes d'échantillonnage, évaluation des populations et de leurs caractéristiques génétiques, d'élevage de laboratoire et d’analyse d'échantillons”.
En 2008, le groupe TMT était composé de 46 membres de dix grands établissements scientifiques (INRA, CNRS, CIRAD, IRD, MNHN, Tour du Valat, École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort, Université de Bourgogne, Université de Rennes, Université de Strasbourg), de vétérinaires libéraux dont l'un représentant la Société Nationale des Groupements Techniques Vétérinaires (SNGTV) ainsi que d'un médecin généraliste.

Prophylaxie vaccinale

Pour l’heure, le seul vaccin dont nous disposons en France est Ticovac®. Ce vaccin contre l’encéphalite à tiques est maintenant disponible en pharmacie [17]. Il doit être conseillé aux sujets se rendant en zone forestière infestée, par exemple en Europe Centrale ou dans les Pays baltes, à l’occasion de séjours estivaux. Il est désormais recommandé dans certaines régions d’Allemagne et d'Autriche.

Concernant la borréliose de Lyme, la commercialisation du vaccin LYMErix® a dû être arrêtée en février 2002, en raison de l'importance des effets secondaires qu'il provoquait. Les États-Unis espèrent un nouveau vaccin dans les prochaines années (Glaxosmithkline Ltd), mais il ne sera pas plus adapté que le précédent au complexe B.burgdorferi s.l. rencontré en Europe. Cependant un vaccin multivalent serait envisagé chez Baxter (B. burgdorferi sl, B. garinii et B. afzelii).
Aux États-Unis, les laboratoires EpiVax ont annoncé en février 2007 qu'ils allaient développer un candidat vaccin contre la tularémie (TuliVax).
Des vaccins contre la fièvre Q sont en expérimentation en Australie (Q-vax ®) et aux États-Unis [118,121].

 

Hémovigilance

Compte-tenu des conditions draconiennes de surveillance imposées depuis l’émergence du HIV, il semble que le risque de transmission sanguine de la borréliose soit tout à fait théorique. Celui occasionné par de nombreux autres pathogènes transmis par les tiques paraît bien plus préoccupant : Anaplasma, Babesia spp., Bartonella spp., Coxiella burnetii, Rickettsia spp. ou les virus Eyach, TBEV et peut-être bientôt CCHFV.
Des précautions particulières sont absolument impératives chez les donneurs à risque, ou ayant des antécédents de maladies liées aux tiques.
En France, à l'exception de la fièvre Q, ces maladies à tiques ne font l'objet d'aucune précaution et ne sont même pas recherchées lors de l'Entretien médical précédant le don.
Pourtant tout comme dans les pays d’Amérique du Nord, un suivi des donneurs doit être assuré dans les jours immédiats suivant le don. Tout incident transfusionnel doit donner lieu à une de déclaration sur le formulaire ad hoc.

Pour plus de détails voir la page Transplantation, transfusion et maladies à tiques.


Pour plus d'information sur la prévention, se rapporter au
Tick Management Handbook
[487]
Mieux connaître la borréliose de Lyme pour mieux la prévenir [684] (Haut Conseil de la santé publique Commission spécialisée Maladies transmissibles)


Dernière mise à jour : le 07 01 2012

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